les Algériens méfiants après la démission de Bouteflika

Si Alger a célébré sa démission inattendue après deux décennies au pouvoir, à Paris, l’après-Bouteflika s’exprime avec méfiance.

Dans une lettre d’adieux mercredi soir, l’ex-président a demandé pardon aux Algériens au lendemain de son départ du pouvoir sous la pression de la rue.

Dans une agence de voyage de la capitale française, les avis sont partagés. Si certains se disent émus, d’autres considèrent qu’il est trop tard.

“Pour le président, je lui souhaite qu’il meure en paix. Il faut passer à autre chose, donc il n’y a pas de fête, il n’y a pas de victoire. La victoire, ça sera quand on aura eu une élection démocratique où il n’y aura pas de sang. Voilà, bon après, on n’est pas content, bah, on attend cinq ans et on change. Ça, ce sera chouette. Ça, ce sera une victoire. Là, ce n’est pas le cas, on est dans une nouvelle étape, mais pas de la victoire encore. C’est pour ça qu’il n’y a pas de scènes de liesse en Algérie”, explique Amine Boudjellal, 45 ans, employée d’une agence de voyage.

Dans le même ordre d’idées Amel Belli, 48 ans, aide enseignante du primaire précise : “Ils ont fait de l’Algérie ce qu’ils ont voulu. Et le peuple, il a toujours été marginalisé, vous voyez, on voit des jeunes intellectuels avec des diplômes, des master II, des doctorats qui chôment depuis des années”.